La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

MADAMEDE llARRAU MADA~1E CAROLINE DE BARRATJ Madame de Bal'rau, qui vient d'étre enle\·ée à l'affection, ,t l'admiration de tous ceux Gui l'ont connue, fut dans sa vie, toute de bienfaisance et de dévouement, une socialiste pratiquante dan'4 toute la fol'ce du terme; à ce titre nous devons lui consacrer un souvenir et nous ne saurions mieux faire pour rela que de citer les lignes si éloquentes et si vraies que notre éminente amie, Mme de Morsier consacre dans la Citoyenne à la noble et vaillante femme : C,woline clc Ba1·1·aua donné 1'excm pic tlu sac1·ific:C'per~on ne! pou1· la g1·andc cause humanitai1·C' dans toute l'ac:ccption du mot. 8011 intcllip:cnce hu·ge et n·aimcnt scientifü1tH', son ànw O11n'1·tc a toutes les bl'attlès dl' l'm·t Pl ,le la natu1'(', son tah'nt musical 1·c111a1·• <1uah!C', la tendance philosoph iqm' d<' son l'sp1·it, qui JH' Cl'aip;nait pas 11'abo1•de1·les p1·oblè11ws tic l'au 1h'là, son gmit dC' l'(•ludc, des t1·aya11x litlé1·ai1·('s et des vo.rnµ-es; tout c·t>la,joint à ~a situation socia 10, au 1·ait pu 1ui pe1·nwtt1·c dl' joui 1·laq.!.·ement l'Lnoblement d(• la Yil'. ~fais 10 dil'u intè1·i<'u1·c:0111ma11<lail,Pt C<'tle ümc, cloue<'d fo1·l(•pa1· l'abnégation, obéit simplenwnt sans aYoi1·seulement consci<•ncc rie sa p1·op1·<'g1·;uHleu1·. Elk l'ut <l'abo1·d la J'enrnw du l'o,Y('J', la mr,·c dl'YOuée dans tous les dl'tails de la Yie matfri<'llc et pm· la haute pt·èoccupaLion <le l'èdutation. Elle se fit la bicnraiti·ic:(' des p,w,Tes et tics cultintt<~111·s dans le beau pays où se t1·ouYent les p1·op1·ieks <le la famille <le Bar1·,u1. Puis, en rlPhors dl' ces premie1·s cl<'Yoi1·s,qu'elle l't'lllJllit scrupuleusement, tout le temps dont elk put dispqsel' fut consacn·• a l'humanité, aux. sonffeants, aux. opp1·im(•s; les défendant pa1· sa plume, les soulageant pal' tous les moyens 1n·,üiques. l\lme de Bnrrau a de nomb1·eux Litres c1ui la 1·ecomm,u1dent ù l'attention 1lu monde intellectuel; elle a publié des ounages de tout<'s so1·te~, sm• l'é1lucation, sm· les questions sociales, spécialement en ce qui touche aux. femmes. Elle eut un rôle impodant clans nomb1·c (le sociétés : les Libérées de Saint-Lazare, la Fédération pour l'abolition de la réglementation en matière de mœurs, l'Améliurntion du sort de la femme, etc., etc. Elle était officie,· <l'.\.ca<lémie. l)'autt•ps s'étcnd1·01it longuement sm· ces cùlés remal'- qnables de sa YÎC et tle sa pe1·sonne. Pout' moi, dans cet adieu suprême que je lui adre~se publiquement ici, je ne Yeux. pader que cle son âme et cle -;on cœu1·. Je Yeux. dire à mes sœm·s qui lil'ont ces lignes : Nottt• amie a été la ,Taie f'emme, a la fois épouse, mère et

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