HUMANITAS 681 des heures troubles, par bouffées de mirages et de rêYes, et ils répètent, en leur teri:ninologie passionnée,les maximes des théologies anciennes, ayant d'elles les mêmes Espérances, les mêmes floraisons d'Illusions et les mêmes Crédibilités. XXII. - On objectera que l'humanité a justement précisé ses premières reYendications dépourn1es de cet aspect concret; qu'elles se vêtaient ja<lis du fétichisme répuùié de siècle en siècle; que leur caractère métaphysique disparaît peu a peu au pl'Ofitd'un caractère positif. Or, pour peu que ron réfléchisse, on s'apercena du caractè1·e réaliste de tontes les institut.ions du passé. Les Hébreux pratiquant la circoncision obéissaient moins a des subjectivités qu'a iles réalités hygiéniques; les Kabyles de nos jours dont l'agrariat est celui des sociétés prim-itiYes, qui interdisent à leur membre qui s'est enrichi de cesser tout trarail, tout commerce, toute exploitation du sol pouL'en faiee prnÎlter les plus pauyres, sont profondément socialistes, au sens économique; la vieille possession de la terre par la tribu ou la commune, tribu deYenue stable, ayec :on partage temporaire ti-iennal ou quinquennal, n'est nullement le fait <l'une abstraction. Les exemples abondent d'institutions concrètes, rennes sans aucune poussée cle programme ab. olu, par conséquent assez fortes pour s'en être passé, et ceux qui actuellement circulent dans le courant des ~énérations ne prom·ent, pas plus que les institutions du passé, la st.abilité <lela ju"tice et du droit. Elles n'ont rien assuré jaùis en yue <lecette stabilité et n'assureront pas daYantagc a l'arnnir. Aussi, ne pour1·ont-elles êtl'e que les garanties mutuelles déjà co11nucs1,our la conscrration, la mise en yaleur et l'acquisition des L·i('hessesde tous, mais toutes imaginations, abst.ractions et idéalisations reléguées à. part. XXIII.- Ce qui est. nai,c'e,-t que l'idéalitée~tfrê,- éliminée dans les périodes anciennes, et que ce qui nous en pamît n'est que la résultante d'une forme de raisonnement fortement abstrait qui a e1weloppé les manifestations sociales du fétichisme, ou de ce que nous appelons tel. L'homme peimitif est plus sensible que notre contemporain a ce que j'appellerai la réfraction de l'extériori'té et ceci, en Yel'tu du peu d'acquis de cette extériorité sur l'ensemble humain précédeLt. L'humus moins épais cle la sensation laisse tlayantage a nu l'âme sociale, qui accepte plus aisément la pl'ise de possession cle son émergence par les influences objectiYes. De la a entourer son déYeloppement de cho es imagées, appartenant surtout à de la subjectiYité. Mais ceci n'est que l'apparence même; la réalité se trouye au-degsous. Si cela n'était. l'homme primitif eût. été fou. Or, la folie est une descendance tle l'être dans la création brute, dans les forces naturelles pures : l'homme primit.if n'a fait qu'ascenclre, 4~ - ..
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==