ESSAI SUR LE SOCIALISME SCIENTIFIQUE 59 Et, chose triste it clire pour notre ciYilis:üion imlJécile, phrn le machinisme <levirnt procluctif', plus la situation ,les prolétaires s'aggraYe. Appliqué aux matières textiles seulement, le machinisme a procluit plus rle richesses que toutes les mines ,l'or anciennes et réerntes. Pour l'industrie du coton, pm· exemple, il a conduit en soixante ans, la consommation ,les <1iYersai-1,icles qu'elle emb1·asse, cl'une y,1.leur <le Yingt à Yingt-cinq millions de francs a une Yaleur de quatre millia1·rls et rlemi par an. Que fait-on rle ces richesses qne l'on enlève à leu~ p1·orlucteurs? On les impose par la force, pat· les guei-res coloniales aux Ifüliens, aux Janrnais, aux Chinois, aux Tonkinois, aux l\falgaches, aux Egyptiens, etc. Et les bo1u·geois s':-u·l'angent toujom·s <leraç:onà ce que ce soient les 1n·olétai1·es, ceux-là même qui ont p1·o<lnittoutes 1 ces richesses et qui en ont été Yolés, qui se l"ast-1entuot' ,lans les expé,litions 01·ganisées pou,· le plus g1·anrlp1·o!itdrs capitalistes. D'ap1·ès les caknls établis, le ti·:wail 1n·oduit [Hl!" le 1nacllinis111e an_jorn·,l'b.uiest snpé1·iru1· it ce qnr pmw1·ai,,1lt pt'orlnil·e rles hommes cinq fois plus nombreux qur. les habiiants Ile la io1·1'e. Et cepenllnnt, malg-eé toutes les 1·iclwsses produiL<~sp, ai· ce !o1·111i- <lahl0machinisme, il n'y a _jamais rn autant <lemisè1·e. Jamais la crise n'a été aussi aigüe qu'aujou1·il'hui. Des milliers <le prolétaires s'ofl'l'ent poue un rno1·ceau cle pain rt nr le b-ouYent pas. Il y a 30 ou 40 ans,011 n':u1i·ait pas ti-onyé <leshommes assez malhem•eux pom· consentir à se rl&gn1de1c· omme le font aujourrl'hui les hommes-affiches, les homrnes-sanclwichs qui se tn·on1ene1itrlans nos rues entre 1lonx panca1·t.es. Il faut que la bêtise humaine soit bien grancle pour que le machinisme reste encore entre les mains !l'une mino1·ité d'exploiteurs oisifs et ne soit. pas mis à la ,lisposition rle la collecliYité. Lorsque les machines deYienclront sociales en tombant. dans le ,lomaine public, lorsqu'elles traYailleeont dans l'intél'êt <le tous, alors se réaliset'a le rêye clupoète grec Antipal'os,qui chantait en ces termes, l'im·ention clu moulin à eau : « Epargnez le b1•as qui fait. « tourner la meule, ô meunières, et clo1·mezpaisiblement! Que les « coqs -vous :wertissent en yain qu'il !ait joue! Dao a imposé aux « nymphes le t.raYail des esclayes et les Yoila qui sautillent allègre- « ment sur la roue et voilà que l'essieu s'éb1·anle ayec ses rais, fai- « sant. tourner la pesante pierre roulante. Yivons de la Yie de nos « pères, et oisifs, réjouissons-non::; <lesclons quo la déesse accorde. » Alors, mieux que le poète grec, nous nous e.xclamorons : ViYons
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