La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

588 LA REVUE SOCI.'.LISTE yailleurs qui, en somme, sont tous ép;aux.deYant la mü;ère, pourquoi rlonc seraient-il. laissés a l'écart et, qui flonc Yienrlrn les soustrai r·e à la loi lup;ubre rie « l'ofü·e et <lela demande?» Si la clémarchc <lesdélégués eût réussi elle eùt aussitôt donné ce lamentable résultat, <le scincle1' en deux. le p1·oléta1·iat, en créant une catégot>ie pr·iyilégiée, trantillant moins t>t gagnant plus; les ouwiers de l'État, ou dE>sfournisseurs <lel'J~tat. K'était-ce pas faire naîtr·e une riyalité enYieuse et po1'tet' une g1·aYE'atteinte a c<>te~p1·it de solidarité. clont le prolétariat a tant besoiu; solillarité qui l'aurait aŒranchi, depuis longtemps, s'il rn aYait bien c·om1wisla force imincible? Donc, en ce ttui concE>r·neles Yoies et moyens, les tléléfrnés se sont ti·ompés; ilP-ne se sont, sans doute, pas rnn<lu compte, qut> le nombre des 11on-1wiYih\1:iéser·ait considémble et <1u'ilstraYaillaiC'1li simplement pour une minorité. Nous ne Youlons pas obscurcir cPl arl.icle, en appelant ù notre aide les chiffr·es qui potu·raient prnm·e1· cette alh\{éltion, mais, r0pendant, nonP- ferons cette simple remarque : <'ll Fr·nncP la 1worluction manufacturièr·E' t>st.éYaln<'e à huit millümls; il est bien éYidPnt, 4u'aycc· son budget de quah-e milliards, l'État. ne pourTait j,mutis achete1· plus de la moitié de cette pro<luctiou. Mais, supposer qu<' l'Ùtat puisse consacrer son bu<lget tout c>nt.iee,en acquisitions irnlustl'ielles serait une absurdité. En réalité, si on <lécluitdu burlget tout ce <1uine représente ni unt> construction, ni une fourniture. c'est-à-dire les intérêts cle la dette publique, les pensions civiles et militai l'e:-, le paiement <lesemployés de toutes catégo1·ies, la sol<le<les,wmées de terre el de mer, etc., etc., il est facil<' de se rendrn compte•, 4ue l'Jhat n'abso1·be pa:,, clirectement la Yingt ii>me· partie de la production manufac·turière. Ül', comme le nomb1·(' cles omTiet·s pst p1·opl1rtionnel au chifft·e ,le la production, il s'Pnsuit 4.u'il .v au1·ait à peine un om-rier sui· Yiugt qui profite1·ait de la libé1·alilé de l'Etat t>t., il He faut pas oublie1·, que le pl'olétariat ag1·icole n'am·ait aucu1w chance d'y participp1•. Il nous semble que le peuple frantilleur a droit à mieux que cela rt. que ce n'est pa:,,ainsi qu'il comprend l'égalité. Il n'y a pas d'illusions à se faire - pom· sortir cle cette énerrnnte immobilité et inaugurer la. phase des réalisations, le prolétariat n'a deYant lui, que cleux altel'natiyes : la Yoie légale et la YOiPréYolulionuaire. Toutes deux nous paraissent actuellement impraticables. La Yoie légale, Camille Raspail y a marché, en demandant la formation d'un ministère <lu trayail; Ferroul .r a marché, en demandant la nomination d'une commission, chaq;ée d'écouter et d'enregistre1· les doléances ounières; Camélinat y a marché, <lemème que tous les députés socialistes, qui ont prnposé et soutenu des projet

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