LE SOCIALISME EN ESPAGNE 53-1 le coup de perséçutions courageusement supportées. Ces .longues années de misère, de lutte et de persécution ont été marquées tra...:•. giquernent, en 1883, par ce qu'on a appelé la conspiration cle la 1 Mano-neg,·a. Le soulèYrn1ent de la Ma1J?,o-neg1·a n' été connu que par les journaux réactionnaii·es. On se souYient de l'effroi qui, a cette occasion, saisit le gom-ernement et le parti conservateur en Espagne_ La Mano-negra fut transformée en une te1·i>ible sainte Vehme anarchiste, aux pl'oport.ions tereiflantes, et les calomnies cle la peur allèrent leur train. Pour lo correspondant mieux renseigné ùe la Justice (qui n'était autre qu'Antonio de la Calle) les·quelques faits de Yiolence, si bruyamment proclamés, si exagérés et si exploités pai' le gouyemement ùi.t dernier Bourbon,· n'ont été que des manifestations du désespoir de populations affamées. Cette appréciation, qui jette un jour si triste sur les malheureuses conclitions sociales du peuple espagnol, est a citer dans ses parties principales : « La sécheresse extrême do l'été passé et les inondations du printemps et de l'hiver, ajoutées aux formiclables impôts du gouyernement et aux extrayagances financières de M. Oamacho, ont J'éduit nos proYinces méridionales a une misère extrême comme on n'en ayait jamais yu dans un aussi beau et aussi riche pays. c1 Penser que c'est <lans ces superbes contrées, oasis fortunée qui fit pleurer le roi Boabdil en la quittant, dans cette fertile et richissime A11dalousieoù Abderraman plaçait le septième ·ciel du Coran, terre qui produit vingt fois ce qu'il faudrait pour nourrir quatre fois sa populatioi1 actuelle; penser, dis-je, que c·est dans ce pays que la famine sévit ù'une aussi cruelle façon 1 « Depuis plus d'une année pourtant on pouyait prérnir et empècher le fléau; mais quelle prévoyance youlez-yous clemanùer ,aux hommes qui occupent le gom-ernement dans le seul but et avec le seul souci de réaliser leurs affaires à eux? « Je vous amis déjà signalé lors de la formidable grève de l'impôt, qui dura ptusieurs mois, la situation malheureuse qui deYait nécessairement s'ensniYre si l'on ne portait pas remède a temps. « On a pu suivre pas à pas le déYeloppement de cet.te crise comme n'importe quel médecin aurait suivi et établi le diagnostic (l'une maladie simple. Elle a passé par toutes les phases logiques jusqu'à son complet épanouissement. « Mais le gom-ernement amit autre chose à faire qu'a se préoccuper de la situation; il était absorbé par la lutte pour son existence propre, la lutte pour maintenir contre tous les intérêts en souffrance et non souffrants la monarchie alphonsiste et « l'alpbonsisme » qui la soutient et lui donne vie.
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