La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LA REVUE SOClALJS'l'E pom·suine et a linel' aux tribunaux tous les meml.Jl'esde l'lnle1·- nationale « cette utopie philosophale du crime (!), cette negation de « Dieu et de rÈtat, de la p1·opriété et de la famille ,. (JanvieP 1872). Paroles aussi vaines tgte violentes. La plupart des Fédérations locales se com;tituè1·e11ten assemblée, malgré la défense des autorités, et p1·otC'stèrent énel'giquement contre les menac;antes défenses du ponYoi1'.L'attitude <les fédé1·aLions, spécialement <le celles de Saragosse, IIuerca, Alcala, de Hénares, Séville, Palma, ::'lfajorque fut si cligne et si imposante que le gouYernement n'osa pas séYir et rentra ses foud1·es, dit le citoyen Méi;a(note manuscrite de l'auteur). Qnelquesjou1·s ap1·ès(31 janYier) le Conseil fédéral espagnol publiait son manifeste de protestation cont.l'e la circulai1·e rlu ministère. :Xous 1·eleYonsce passage : « P1·opl'iété commune des instruments du travail, utilisation de ces insLl'llments par les collectivit.és ouniércs qui les fy1·011t directement proclui1·e,et prop1·iété industt·ielle du produit du frayai! de chacun» portait le manifestP. Puis venait la virile affirmation qui suit : « Il faudra, si la RéYolution anive, que nous n'abandonnions pas le champ de bataille, que nous ne déposions pas les armes, sans avoit· réalisé notl'e grande aspiration : L'émanr;ipation sociale des travailleurs. » ELles actes répondaient aux affil'mations. En clépit des menaces gouvernementales, le Conseil fédéral, décidé à faire son dernü· jusqu'au bout, comoqua les délégués des fédérations locales pour le 6 anil à Saragosse, " afin de célébrer le deuxième Co11g1·èsespagnol, comme il a, ait été conYenu à la confërence de Valence ,._Sa convocation se terminait ainsi : <( Il faut que la classe ouniérc exploitée, persécutée, calomniée par ceux-là mêmes qu'elle fait Yivre, répon<le aux 1n·ovocations du pournir, en se réunissant pacifiquement à Sa1·agosse pou1· ti·aiter des problèmes qui se rapportent ù son émancipation, qui sera l'émancipation <le l'humanité. ~lais si le pouvoiI·, représentant <le la classe possédante, essayait d'empêcher cette réunion pacifique des enfants du trarnil, souvenez-You,; qu'il ne se sera jamais présenté dans l'histoire, d'une manièl'e aussi claire et aussi pressante, l'occasion de déclarer la guerre sociale, la gue,-re de classes, la guerre entre les pauvns et les n'ches ... Si ce cas arriYait, la classe ouYriél'e saurait faire son devoil'. ,. Le Congrès se com..titna d'abord en séances privées le 6 et le 7, et il fut décidé que le 8 anil, malgré les menaces rle la police, il inaugurerait les séances publiques. Ce fut fait, mais à peine la séance était-elle ouverte qu'elle était déclarée dis~oute pa1· un commissaire <lepolice.

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