La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LE MOUVEME?\1' SOCIAL EN FRANCE ET A L'ETRANGER 493 posés par les radicaux. Ceux-ci youlaicnt que les terres fussent verHlues en lots uniques ,le 7 hectares, que. rj~tat. donnât aux familles paunc-s un subside- ,le-GOO franrs, pa._rables1lans l0s mêmes conditions que les terres; que la disiL"ibution<lete,·r0s fût. continue, c'est-a-,lire qnc-, la terre prirnit.ive étant passée apt'es ,lécës ,les mains du për·edans celles du fils, on yen1lt-aitaux nouYelles familles qui se formeeaient,de nouyeaux lots de 7 hectares.fournis par l'l~tat, qui se chargerait, en capitafo;ant 10/0 ,le l'amortissement, d'acheter continuellement des terres particulièr·es. L'ancienne loi agraire ile 18G•l était. i-cstée sans rësultat pratique. Il en sera de mème de celle-ci. Le pap,an aussi pauno ot aussi misérable qu'aupar·avant, po era de nouyeau dans le pays laquestion ageaire étouffée mais non r(•solue par cette loi hypocr·itc, dont l'inanité facilitera. l'énergique propagande des socialistes en fa.yem· de leur contee-projet, où ils deman1laient la remise ùu <lomaine national aux communes et l'achat continuel des ter1·es part.iculië1·e!î pae l'État ou les communes. SUISSE lNAUGUfl.ATI0:-1 DU ~IONUMENT BECKER. - C'est à Genève qu'a eu lieu l'inaugut•ation du monument dédié a la mémoil'e ùe· l'éminent J. P. Becker, commandant les tt·oupcs eéyoluiionnaires improyisées de la révolution allemande, en 48 et 49, et pal'Licipanl aux dernières insurrections italiennes. Une foule très sympathique de plus de cinq mille personnes cuyahit le cimetière et s'entassa aux alentours ùu monument, qui fut découvert au son de la musique a laquelle succéda un chant, composé pour la circonstance, entonné pat' plusieut·s sociétés chorales. M. Liebknecht, député au Reichstag allemand, p1'end le premier la parole. Personne n'était mieux placé que lui pour admirer cette grande nature, ayant été non seulement son élève, mais son soldat pendant la réYolution ùe 48. « C'était, dit-il, surtout le geand caractère que nous pouvons admirer en lui; un caractère qui n'a jamais faibli ni sous l'amorce des séductions ni sous le poids des persécutions. ,. Puis, le citoyen Héritier parle d'une Yoix violente au nom du comité révolutionnaire centeal de Lyon et du groupement socialiste révolutionnaire de Genève. Il Yoit en Becker le type éternel ùe l'insurgé sublime, ùe celui qui n"hésite jamais à jeter son sang sur la balance d'une lutte terrible pour faire pencher le plateau ùu côté le plus faible. Il parle ayec admiration ùes élans généreux de Becker pour revendiquer les droits imprescriptibles <lu prolétaire et le triomphe définitif du socialisme international. ,

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