,rnuvE~ENT PIIIL080Pl[IQUE EN FRANCE ET A r;ÉTRANGER 477 les lwas du premier venu, qu'il pat·e de toutes les qualités du Hé1·os, - Hét-o:--pu1·ement snhjectif, hélas! nt dont le moinùre cléfaut est rie se dissiper dans l'ait· à la p1·emièrn occasion; Yai11 fantôme qui s'en retourne au pays des chimères, d'où l'imagination de la foule l'avait tiré. Les farceurs qui ont affecté de confonclr0 la théorie de Carlyle avec celle des hommes providentiels, n'auraient pas rlù oublier qu'il n'hésite pas à mett.i-eau premier rang de:aH- é1·os,de simples hommes df' ktti-es, consirlérés comme tels. Les exemples choisis 11eJohnson, d1-' Burns, de Rousseau peuvent être rliscutables; l'intention, ici. doit suffire. C'est l'hommage le plus éclatant l'endu au titre et a la fo11et.iond'écriYain. « La vie clu Héros est. un fragment du cœm· rlf' l'<'•tf'rnelleNatm·e elle-même; il en est ainsi pour tous; seulement. la rna:a-seiles faibles ignore le rait, s'y dét·obe trop souvent; - le petit nombre des forts est justement lèwt, héroïque, é'te1·nelpan:e llue le fait ne lui échappe pas. L'homme de Letti-es, comme tout héros, est là pour proclamer cette vérité de son mieux. Au fond, c'f'st la même fonction.que celle att1·ibuée pal: les généJ-ations d'autrnfois au Prophète, au prêtre, au Dieu! » (Lecture 5). L'homme qui a écrit cela, qui a o:a-éJllf'ttre le pensem· au rang clPs diPux. 0t des !prophètes, cette homme là était fait pour comprendre la R(•rnlution. L'histoire qu'il en publia. (History of the French Revolntion, 18:37), ne fut pourtant pas appi·éciée, dès le début, à sa jusLC' va.lem·. St'ul le poète Lanrlo1', le grand patriote, la salua comme la première œmTe de son temps. On sait l'accident qui aniva au prernie1·yolume. Carlyle en avait prêté le manuscrit à Stuart Mill, qui le communiqua à Misteess Taylor, sa future épouse. Celle-ci laissa traîner sur une table le précieux cahier jusqu'au jour où, éprournnt le besoin d'y jetei· les yeux, elle le chercha en vain. Quelques reuilles à demi brûlées, ret1·ouyées dans le coin de la cheminée, ne laissèrf'n.t aucun cloute sur l'événement; la sf>rvante s'était frouyéc 1·avied'avoir là une bonne provision ùe papier pom· allumer son feu chaque matin. Carlyle, qui n'ayait conserYé aucune note, après ,n-oir passé des mois à retrouyer Yainement la trace de sa pensée p1·emiè1·e,rlut composer de nom·eau le Yolume - Cf' qui est bien la plus ingrate et la plus détestable des tàches. Presque tout le monde s'est fourvoyé à propos de cette œuv1·e considérable de l'illustre écrivain. M. Taine, surtout. n'a jamais été plus mal inspiré. « Son histoire de la Révolution française, ùit-il, ressemble à un délire. Carlyle est un voyant puritain qui voit passe1· deyant lui les échafauds, les orgies, les massacres, les batailles et qui, assiép;é de rantôrnes furieux ou sanglants, p1·opltétise, encourage ou n1audit. Si vous ne jetez pas le liv·,·ede c·olère ou de (nt.igue,
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