La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LA FEMME 429 tre dans les main:s d'un petit nombre de personnes, la distribution .suit un autre chemin. Le peoducteur qui n'a pas pu résister a la concurrence cleYient, dans neuf cas sur· dix, intermédiaire entre le pro<lucteur et le consommateur. Le nombre de ces petits intermédiaires augmente tous los jours dans toutes les espèces de productions. La plupart d'entre eux viYe11t au jour l<>jour ot ·ont rlans une situation Yoisine de la misè,·e; ils sont bien sournnt forcés pour se soutenit· de spéculer SU!' les plus basses i)assions <lel'homme. Leur augmentation de nomb,·e entraîne une conséquence. Quoique travaillant beaucoup, ces malheureux ne sont toujours que <les parasites, leur tr:wail est improrluct.if, ils YiYent, par conséquent, du frayai! rles autres comme la classe rles entrepreneurs. Le résulta(, ,le ce parasitisme est l'enchérissement des marchandises; mais comme, dans certains cas, il ne c01wient pas de beaucoup éleYer le lH'ix de ces marchandises, on a recout's à la falsification qui deYi0nt un élément in<lispensable du commerce. Par conséquent, l'escroquerie et la fraude deYiennent des « institutions sociales>>aussi nécessaires que la prostitution. Cel'taines institut.ions comme, par exemple, les impôts indirects et les droits d'entrée provoquent et favoris•ent directement cette escroquel'ie et cette fraude. Par conséquent, les lois contre la falsification des vines ne peurnnt rien contre un tel état de choses. L'utilité des sociétés coopératiYes rle consommation est insignifiante, ces sociétés ::;ouffrentpresque toujours par lem· mauvaise administration et ne senent pas à ceux. auxquels elles denaient senil' ayant tout, c'est-à-dire aux ouv1·iers. Il est évident que la forme de la société sera meilleure lorsque les produits <leconsommation ar,•iyeront directement et clans les meilleures conditions possibles. Mais outee cela il sera avantageux <l'intrnduire la préparation en gros de la nourriture elle-même. Bebel 1lémontre que l'écrasement du faible par le fort ne se produit pas seulement clans l'industrie et dans les grandes Yilie::;,mais aussi dans les campagnes, dans l'agriculture. Et il donne comme exemple les provinces de l'ancienne Prusse. En 1861, il y avait d'un côté 424,951 propriétaires arec 82,883,742 morgen de tenain, et de l'autre côté 1,716,53::5propriétaires ayec 10,655,460 morgen lle terrain. Donc,424,951 propriétaires possédaient 8 fois autant que 1,716,535. Il donne encore un autre exemple d'une industrie liée à l'agriculture,la fabrication de sucre. En 1881malgré le grand dé,·eloppement de cette industrie, le nombre des ouvriers avait été diminué de près de 3,000 à cause du perfect'ionnement apporté dans le machinisme (rapport de l'inspecteur de fabrique à Brunswick).

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