La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LA FORCE 41 LA FORCE ( 1 ) .....,,.,., . . ........ - Tous les ùésastres de la démocratie Yieunent de son mépris pour la Force; sans la Force, rien ne se fonùc et l'ion ne s'écroule, elle ne peut êlre Yaincue que par clle-mèm0. C'est la lance ù'Achille et la massue ù'IIercule. Les démocrates haïssent en elle l'arme du despote. Mais ils ne haïssent pas seulement, ils méprisent, et la Force se retourne contre cette infatuation. Elle se Yenge d'un sot ùédain en retombant plus lourùe sur des fronts qu'elle eût couronnés. Depuis 80, il n'est plus possible de croire ni a un maître ni à un Dieu : la démocratie est athée et matérialiste, en dépit des inconséquences et des subtiles distinctions. Qu'elle étudie la nature. La Force et la Matière s'y étreignent d'un éternel amour. La création de chaque jour déroule son cycle infini, tandis que les choses et les ètres poursuivent, sous des formes multiples, leurs brillantes métamorphoses. Mater, materia.' c'est la mère et l'immortelle, la grande nourrice aux mamelles fécondes que pressent, hélas! en les meurtl'issant, les lèvres ardentes de l'humanité. Vis, vital le mouvement créateur, l'élan irrésistible, l'haleine qui embrase les moissons et les montagnes, les hommes et les océans, souffle de vie, souffle de mort, souffle d'éternelle reviviscence. Comment ces deux principes, fatalement unis, se trouvent-ils divisés dans les concepts philosophiques? D'où ce divorce entre (1) Le Dr Wateau et notre ami Mijoul ont bien voulu nous confier, po ur l'insertion, cet écrit inédit de Gustave Tridon, qui doit porter la date de 1865. Dans ces pages vibrantes et chaudes, le jeune révolutionnaire blanquiste, qui devait mourir à trente ans,enveloppé dans le deuil de la nouvelle Commune de Paris, dont il avait été le plus éloquent précurseur, fait appel à toutes les forces, à toutes les colères du peuple soulevé contre le despotisme plouto cratique et clé1·icalde l'homme de Décembre. Le sinistre halluciné menait la Fr ance à l'abîme, c'était visible et pour ne pas avoir su obstruer par une révolutio n la roule fatale, les Français ont subi les hontes d'une invasion et de la mu tilation de la patrie. Nous avons au moins sauvé la liberté. Mais voilà qu'une nouvelle Saïnte-Alliance menace non seulement cette liberté, mais encore l'intégrité de notre territoire; les jours sont proches peut-être, où, comme le di sait Tridon, en i865, il faudra se lever et combattre. Dans ces circonstances, l'ap pel tyrtéen de l'auteur des Hébertistes et du Molochismejuif, de l'ancien membe de la Commune de 1871, aux fils de la Révolution menacée, ne manquera pas d'actualité. (Note de la Rédaction.)

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