LE DROIT DE GRÈVE ET SES CONSÉQUENCES 3!) cortaiue importance sont traitées dans ces conditions. Naturellement, ces ohligatio11simposées son(·.connues, soit par les cahiers fles charges, soit par des incliscrétions. Si les circonstances sont telles, qu'il y ait, à ce moment-là, pénurie de trm·ailleurs spéciaux, ceux-ci saisissent la balle au bond et réclament, sous menace de grèYe, une augmrntation cle salaire. Ce qu'il y a cleparticulier, c'est que le plus sotn-ent., ce n'est qu'un prèt6 pour un rendu; et, si l'entrepreneur n'a pas précédemment pro~ füé fl'nne stagnation cles affaires, pour rogner la journée de ses hommes, on peut être cerLaig qu'il n'y manquera pas, aussitôt que l'occasion s'en présentera. On peut donner, comme règle im-a11iable, qu'à toute oscillation 1lans lo nombre des bras disponibles, corresponcl une oscillation, en sens inverse, dans le taux ùes salaires; et, ce qu' iI y a de désastrem:., c'est qu'entre l'employeur et l'employé, le fait peut se produire axec une brutale soudaineté. Coml.Jiende grèrn::, se sont déclarées, a.prèi;un simplo aYis arfkhé daus les atiûiers, annonçaut au personnel une ré,lucLion inattendue lla.ns les salail'es. On a vu des climinntions, <le5, 10, 15 et mème 20 0t0, opérées 1\e cette fa<:on". D'autre part, combien de fois n'avons-nous pas été témoins d'ateliers désertés en masse, sur le refus <ln patron do souscrire à quelqtie requète de ses ouvriers. La déclaration de guerre se fait presque sans préliminait·es, parce qu'une sourde hostilité règne constamment, dans le champ rlu trarnil. Le patron c'est l'ennemi, l'otnTier c'est l'êt1·e indocile, qui regimbe sous le joug et qu'il faut mâter. De part et d'autl'e, on ne pense pas autrement. Les pourparler., pour arl'iver à une entente, ne font, le plus souYent, qu'avirnr l'animosité réciproque. Dans cette lutte, le yainqueur n'est pas toujom·s celui qui a raison; mais relui qui peut tenir coup le plus longtemps. La. Yictoire est une <1uestion de finance. L'enLrepreneur, qui naturellement possède plus d'argent, résisterait et. gagnerait toujours, s'il n'était poussé par quelques nécessités inhérentes à sa position mème; c'est l'obligation de satisfaire à des engagements anté1'ieurs; la crainte de Yoir se <lét.ériorerun matériel qu'il est préjudiciable de laisser trop longtemps sans fonctionner; <les frais généraux, ùes intfrèts de capitaux, le loyer, tous frai qui courent toujours sans se préoccuper des grèves. Ces charges onérern,es font quelquefois céder l'entrepreneur, qui veut bien faire certains sacriflces à la résistance, mais qui n'entend pas aller jusqu'a la ruine. L'oun-ier, lui, résiste tant qu'il peut manger. Il se réduit, en temps <le grèYe, •au-dessous de la portion congrue; lorsque cette portion réduite lui manque, il lui faut ,amener pavillon et se rendre. Si la g1·ande préoccupation de l'ounier est ùe Yivre, la grande
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