LE SOCIALISME EN DANKMARK 303 fois, en 1848 et en 1871, a la voix émancipatrice grondante dans les orages révolut.ionnaires qui, ayant éclaté en tempête sur Paris, soufflèrent en prolongement a traverf,; l'Europe. Les lignes suivantes établiront la vérité de ce tait en même temps qu'elles donneFont une idée sommaire <lela filiation et de l'état du socialisme en Danemark. I PREmÈRE ÉPOQUE. FRÉDÉRICK DREYER. Immédiatement apl'es la proclamation de la deuxième République française, le pacifique Danemark s'ébranla pour la libe1-té,acclama la révolution parisienne, poussa jusque dans le palais des rois le puissant tribun G1·undwig, et exigea une Constitution libérale qui fut octroyée le 5 juin 1849, date désol'mais historique de la liberté danoise. Par cette conquête politil1ue la bourgeoisie fut apaisée; mais les Pari:iens de Fénier arnient mi~également le socialisme a l'ordre <lu jour. La questiqn sociale fut donc posée aussi a Copenhague par 1·épercussion de la pensée française. Elle éut pour premier et éloquent interprète un jeune étudiant en médecine de vingt et un ans, FrédérickDreye1·,qni mérite bien que l'on rappelle la court.e et brillante campagne socialiste qu'inte1·rompit seule la mort, car le premier socialiste danois fut frappé en pleine jeunesse, dans tout le feu ,le la bataille pom· la rénontlion sociale. Dreyer avait débuté par la publication de deux rnlumes qui arnient fl:).itquelque bn1it : Les propl'ès des peuples (signé : Un librt penseur) et rEducahon populaire de l'Avenfr (signé : Un socialiste). Dans ces deux ounages le jeune écrintin s'était p1·ononcépour la transformation des Etats européens en Républiques nationales fédérées et pour la refonte des anciens systèmes éducatifs qu'il voulait plus la1·ges; insistant particulièrement sur ce fait, que i.'éducatiou devait être aux frais de l'Etat ou de la Commune. Ce n'était là encore que de la démocratie humanitaire; mais Dreyer ètait de ces « bien-aimés des Dieux,» comme dit le Yieil Hérodote, que le destin a marqués pour mourir jeunes, et qui, par suite, pressés de remplir leur tâche, atteignent d'une emolée les sommets de la vie intellectuelle et militante qui, dans les circonstances ordinaires, coûtent a gravir toute une longue existence humaine. Comme donc s'il avait eu le pressentiment de sa fin prochaine, Dreyer se remit fié,·reusement au trayail,.après la campagne de 1850 qu'il arnit dû faire en qualité de chirurgien militaire. Cette fois il 26
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