La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LA RÊFORJ\IE DU PARLEMENTARISME 389 gion.Ih, '"iendraient faire part à leurs auditeurs du fruit de leurs études sociales; ils leur apporteraient. des chiffres instructifr, des fait:-. réYélateurs, des idées qui reYiYifient et transfigurent. Nous en prenons à témoin les grands jours de nofre histoire, il est bon que le Yet·be retentissant. <lesclubs se répercute ,l'échos en échos jusque sous la Yoûte où nos mandatait·Ps ,1iscutent de nos ,1estinées. Le club anache les masques, crèn• ks hommes d'Etat en baudrnche et jette le lléfi a ces infimes qui, du haut d<' lem pl'ésomption, osent. dire ou penset· qu'ils fe1·ont mai·chPt' la l◄'1·ance. Sans ces libres réunions, le pays est une masse i1wde, exploitable a merci; ce n'est 1·ien cpti Yit, c'est unr cho:-:eYile qu'on piétim': ce qui denait être poul' tous un objet ,1eYénéralion est bm·né, :-:011ffleté, mis en Cl'oix. Les pai·tis tout· a tout· 011 c11·esst>ntl'appal'ition saignante et, l1él'ision, le font parler chacun à Jpm· fa<_;on: !l'lonpays ne permettra pas ... Mon pays exigera ... 'l'aisez-yous, pat· pw1cu1·! Enfin, pm· faute de cet oq~·ane essentiel c1up1·og1·È>l:e-s:, meilleures institutions sont boiteuses,les Yolonlés le:-:plu:-:loyales gauchi:-:sP1it, no:-:députés une fois élus, lib1·es et maîti·cs ck' lent·:-:allu1·es taillent, rognent, b1·ouillent et pillent. ayec la lJlus uclle 1lésimoltu1·e du mollllc, et Ya te fai1·e étriller et bùtet·, monsieur l'électeur! Le pal'lemenbu·i:-:me 1·enouYelé 1i'e ccsse1·a d'èti·c une machiue d'oppl'e:-:sionque s'il se complète pat· ce:-:assemblées pt·imaircs.Elle:-: préYiennent <l'hol'l'ibles abus, elles garantissent les plus précieux. aymltaµ;es. ])'abord c'est la Yie politique t·endue au ca<la,Te c1ela nation. Ensuite. dan:-:ces pépinières <1'orateu1·spolitiques, iles ho111mes 11enlleur surgiront qui, sans cela, se se1·aient tonjout·s igno1·é:-: eux-même:-:. Le:-: intelligences enténébl'ées s'y éclai1·ent, les éne1·- gie:-:s·y ti'empent, et sous l'action de cel'taines paroles, des fulg-ut'ations morales r font h·e:-:saillir les àmes clans leur:-: pro(ondeu1·s. Enfin, le grand œil du peuple est ouYe1·t(1èslors sui· les fait:-:et gestes cle nos gouvernants, et la flamme c1uejette ce 1·egarù fait hésite,· les desseins peners en même temp:-: qu'elle fortifie les 1·ésolution" généreuses. Mais on se récrie: Roun'Îl' les clubs! c'e:-:tjetei· le déso1·1lredans le pays et prornquer tous les ex.cè:-:;et d'abo1·tlc'est <1écrétei·la cessation des affaires. La surface sera sans doute lluelque peu plus agitée, soit; mais ne faisons pas confusion de l'apparence ayec la réalité; croyez-vous,en bonne foi, que notre parlementarisme nous donne de l'ordre? Que dans un pays qui a proclamé les Droits de l'homme, il y ait. des hommes sans Yêtements que des guenilles, sans demeure qu'un taudis, sans aliments que le pain de la charité, lorsque la quantité de travail qu'ils ont fou~·nie suffirait a rètir, loge1· et noul'l'ir cent personne:-, est-ce de l'ordre? .

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