La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LE lllOUVEMENT SOClAL EN FRANCE ET A L'ÉTRA:KGER 365 q) Il ne faut point permettre qu'une animosité se manifeste enti-e militaires et civils : les socialistes militaires, quoique organisés sépa1·ément, doivent poursuivre le même but et s'y préparer da la même manière que les autres socialistes. 5) Les militaires se joindront à la lutte par petits groupes (ce qui sera avantageux et possible) neutralisant le gros de rarmée et même la renvoyant dans ses foye1·s. 6) Pour que la propagande puisse largement pénétrer dans l'armée il faut : a) Pour les officiers : p()ur des raisons faciles à comprendre nou::1ne pouvons donner ici les moyens qu'on nous indique. Avec tous ces efforts réunis, ua mur de Chine s'écroulerait. Du l'este, les officiers russes out déjà prouvé qu'ils sont accessibles aux idées socialistes; ils ont montré qu'ils savent, aus,i bien que d'autres, lutter et mourir pour un avenir meilleur. b) Pour les soldats, la propagande doit être menée à peu près de la même manière que pour les ouvriers. Elle présente une certaine facilité par ce fait que les soldats sont groupés. (Les détails vous seront donnés confidentiellement). Que les idées exprimées plus haut soient pl'Opagées le plus largement possible à l'exception de celles qui ne peuvent être publiées. Salut et solidarité. Pour r organisation militail'e. LA. MORT n'uN COMBA.TTANT. - Le colonel Sokoloff, un ües plu: vieux. et des plus connus rep1'ésentants de la pt'osceiption politique russe, Yient de moueir a Paeis : Nicolas Vassilievitch Sokoloff était fils de parents nobles et riches, il fit des études brillantes à l'Académie de l'état-major général ~ta eu toutes les chances de parcourir rapidement tous les degrés de la hiérarchie militaire, ce qu'il réussit partiellement, et c'est ce que réalisa complète111ent son frère, qui est maintenant général divisionnail'e dans l'armée russe. Mais Nicolas Vassilievitch Sokoloff n'était pas de ceux qui cherchent à se crée1· uue b1·illan.tesituation. Sans souci de son avenir, uniquement entrainé par une passion de servi!' les intérêts de la niasse qui souffre, il entra ea l'elations avec les groupes révolutionnaires et avec les écl'ivains célèbres de l'époque : Dobroliouboff, 'l'chernyschevsky, P issareff, Saïtreff et autres, prit une part active dans la publication de quelques revues cél~bres, surtout dans le Roussi-aïe Slovo (Parole russe), et développa ici ses idées que lui-même caractérisera après dans son œuvre : Les Réfractaire.1. Arrêté et déporté da.ns le gouvernement d' Astrakan, il n'y resta pas longtemps. Le 12 août 1872, il s'évada de Krasnoë-Jara, alla en Suisse, puis en Angleterre, et se fixa définitivement en France. Durant les dix-sept années de son exil, souvent dur et plein de p1·ivations, Sokoloff resta toujours fidèle à ses convictions. En France, il s'est fait connaitre par la publication d'un dictionnaire francorusse, très apprécié, et de sa grammaire russe à l'usage des Fran\ais, qu'il publia quelques mois avant sa mort. Sokoloff succomba à une pleurésie qui ne dura que quelques semaines. Son enterrement a eu lieu le 7 mars, à Bagneux. Une foule compacte de ses compatriotes, de réfugiés politiques et d'étudiants, a accompagné ses restes à leur dernière demeure. Plusieurs couronnes - des réfugiés msses, polonais, etc. - ont été déposées.

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