La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LE SOCIALIS~IE EN IIONGHIE 323 revendications, même les plus modérées, des prolétaires. Lrs dirigeants austro-hongrois ne firent pas exception; ils ajontèrnnt lll<;me l'insulte au refus. Indignés, les ouvriers milibnts hongrois ré:.;olurent, dès 1869, de se constituer en parti ouwier socialiste hongrois, avec un programme analogue à celui des démocrates socialistes allemands. La guerre franco-prnssicnnc rntarda 1'01·ganisatio1p1rojetée, et ce n'est qu'en 187:3 que le pa1·ti fut constitué aYec un programme politique et économique complot et avec un comité central composé des citoyens Ihrlinyer, Kulfol<li,Tarlrns, Rauchmanl, Starzenbaum, Essl, Rauch, Luchàsi, Vollbrecht, Kovaès, Falussi et Grünfeld. Oomme il arrive presque toujour.- eu pareille circonstance, les meneurs du nouveau parti se diYisèrent en deux grouprmcnts rivaux qui furent : 1 ° Le Parti" ouwie1· national hongrois (der Ungarlandische Arbeiterpartei) qui avait pour organe la Nepzawa, 1·édactenr üeza Csorba; 2° Le Parti· des ea;clus du vote (Nichtu;ahlbei·echtigten) qui avait pour organes l'Arbeiter Wochen-Chronih ~allemande) et le MimkàiHeti-Kronika (1) (hongroise), même journal en deux langues, ayant pour rédacteur allemand Léo Frankel, ancien membre de la Oommune de Paris, et pour rédacteur hongrois G. Laczander. Le premier parti était plus national, le second plus mêlô d'influence allemande; mais les deux suivaient une politique analogue, largement collectiviste et à la fois réformiste et révolutionnaire. Nous nous garderions d'oublier de noter que dans les deux partis, on se recommandait de la Révolution parisienne de 1871 et que cette sympathie commune se traduisit en 1872 et en 1873 par un acte mémorable : la commémoration funèbre clecet.te Semaine sanglante où furent sacrifiés au Moloch de l'ordre bourgeois 3o.OOO défenseurs de la Commune de Paris. En ces deux années, le dernier dimanche de mai; on vit dos milliers de prolétaires parcourir silencieusement, ayant des crêpes au bras et précédés de drapeaux rouges voilés d@deuil, les 1·ues de Pesth, manifestant ainsi d'une manière imposànte et touchante leur sentiment de solidarité pour les vaincus de 1871. La promièL'e année le gouvernement laissa faire, la seconde il réprima, et telles furent les mesures prises, que la commémoration ne put plus être célébrée dans les années suivantes. Ce n'était là qu'un commencement. Bientôt la réaction battit son plein et des poursuites furent ordonnées sous les prétextes les plus futiles. Ainsi lo premier accusé ~-------------------------·- ·- (1} La Chrônique ouvrière hebdomadaire. •

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