La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

1 LE SOC.IALISll1E CllEZ LES ESPÈCES INFÉRIEURES 313 Dans les clavelines, autres groupes d'êtres, la même chose se produit, il y a la même communauté du liquide nourricier, du sang qui apporte la vie dans toutes les parties de l'association. N'est-ce pas, conclut notre sayant, l'exemple le plus frappant d'une communauté, d'un communisme répondant aux phénomèmes les plus intimes de la Yie. Si chaque indiYiùu s'alimente, respire, a un cœur qui bat, tles organes 1·eproducteurs, s'il vit de sa Yiepropre indépendamment ùe sou -roisin, néanmoins il apporte son tribut dans la Yie générale et commune. Il en est, paraît-il,de même chez beaucoup d'animaux formés par l'association de plu:-ieurs indiYidus ayant une Yie propre, tels que les gorgones, le corail, les pennatules,les alcyons. Chez eux, dit-on, il y a mélange de tout ce qui a été préparé par la digestion, et la communauté commence immédiatement après l'accomplissement de ce premier acte vital. Ici la communauté est poussée bien plus loin que chez le pé1·aphore.Dans cette société,chaquepolype a un organe digest.if distinct, mais cet organe est mis en communication immédiate ayec celui du voisin par un système de canaux. délicats, qui eux-mêmes communiquent ayec ùe grands Yaisseaux totalement indépendants des individus. Ces vaisseaux ont leur place dans le tissu commun et général, ils appartiennent a tous et. aucun en particulier; la préparation du liquide nourricier est indiYiduelle, sa répartition est générale et dépend de l'association,elle n'est point le fait de l'un ou de l'autre des associés; ici, la communauté est plus immédiate que chez le péraphore et la claYeline,car il n'y a point d'organe d'épuration et d'organe d'impulsion. Le liquide résultant de l'acte cl igesti f échappe a l'indiYiclu, deYient propriété CQmmtme.Et remarquez-le, s'il arriYait que l'un des animaux ou l'une des portions de cette population formant des rameaux, vînt a cesser <les'épanouir et par conséquent de prendre de la nourriture, de digérer, les incliyiclus <lu bas des rameaux cont.inuent a trayailler pour eux-mèmes et pour tous, nourriraient quand même les paresseux, les révoltés du haut de la tige, ca1·les liquides résultants de leur digestion, une fois tombés dans les grands Yaisseaux du domaine public, n'appartenant plus a personne en particulier, serviraient à l'association tout entière, et pa1;conséquent a ceux qui se reposent. Les théories sociales, ajoute excellemment M. dè LacazeDuthiers, sont trop à l'ordre du jour,· elles sont trop agitées par des hommes dévoués, recherchant des combinaisons propres a améliorer le sort du plus grand nombre, ce dont il faut les louer,pour que tout le monde ici ne soit plus ou moins au courant de ces questions brùlantes. Mais, ajoute-t-il, malgré les clésirs si excessifs que formulent tous les jours les socialistes, peut-être n'est-il pas hasardé de 21

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