La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LE MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 237 exceptionnelles prises contre la démocratie sociafü;te, qui est parvenue à reconstituer son comité central ,lirigent. Le ministre de l'Intérieur a même conféré avec le ministre de la Justice sur les. moyens de faire entrer ces mesures extraordinaires dans le CO<l€l pénal. ITALIE L'opinion publique italienne prend une consistance bellophobe de plus en plus forte. L'esprit radical et l'esprit socialiste qui se <liviseront peut-être plus tard sont actuellement confondus dans une commune entreprise de propagande pour la ,! Paix. • Pax et labor est la devise uniyerselle, la pensée, le ci·i unique de toute l'Italie. L'immense succès tle l'admirable congrês de Milan a forcé la Riforma elle-même à battre en retraite et à rentrer ses aménités ministérielles a l'adresse des députés et conseillers municipaux français. Ceux-ci,-d'abord accueillis avec beaucoup de cordialité par la rédaction du Seeolo et le Comité de surnillance de la Paix et de la Liberté, ont été ensuite dans les rues et les cafés l'objet des manifestations les plus sympathiques. Au dire de tous, cette journée a scellé l'alliance entre la presse véritablement indépendante des deux pays et dissipé les malentendus provoqués par les journaux à I.a solde de M. Ct·ispi. Maintenant qu'il est bien démontré que les peuples Yeulent l'union latine, les gouvernements ne réussiront plus à provoquer la guerre entre Latins. Nous n'en voulons pour preuve que la rapidité avec laquelle le mot d'ordre contre les velléités belliqueuses de M. Cl'ispi s'est répandu dans toute l'Italie. Citons entre autres les réunions de Legnago, de Prato, de ReggioEmilio, de la Mirandola, d'Argento, de Cisena, de Forti, de Ravenne, de Rimini, de Parme et de Naples, où les foules enthousiastes acclamèrent la France et l'Italie. Voici l'adresse textuelle du comité de Parme : « Concourons tous a l'universalité de la paix avec la France, d'abord parce que la paix est le premier besoin des peuples, ensuite parce que la défaite <le la France serait celle de l'humanité et de la civilisation. » ANaples i'ordre du jour suivant est voté à l'unanimité : « Le Comité de Naples, se conformant aux conclusions formulées par les comités qui ont tenu leurs réunions dans d'autres villes de l'Italie, prend la résolution d'appuyer l'idéal des nations modernes qui tendent à se fédérer et à faire valoir, en cas de guerre et d'alliance, les droits inhérents à la souveraineté nationale, qui ne veut pas étre tenue en dehors des discussions relatives à ses propres destinées. » E"nfinM. Bonghi, sur l'invitation du comité directeur de l'Association pour l'arbitrage et pour la paix,intemationale dont il est président, a envoyé à tous les comités pour· la paix déjà constitués

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