LE l\lOUVEME~T SOClAL EN FRANCE J<;TA L1ÉTHAI\GER 233 poursuit en dépit de tous les obstacles, son œuvre de justice et de progrès social, - a été tenu à Paris en 1878, pendant !'Exposition universelle, du 25 juillet au 9 août suivant. Deux sénateurs; dix députés et cinq membres du Conseil municipal de Pai-is en faisaient partie. Tous les pays civilisés avaient tenu à honneur de s'y faire représenter. Citons notaMment, en suivant l'ordre alphabétique : l'Alsace-Lorraine (française par le cœur), l'Angleterre, l'Amérique, la Belgique, le Brésil, l'Italie, la Hollande, la Pologne, la Roumanie, la Russie, la Suède, la Suisse. Seize sociétés, tant françaises qu'étrangères, avaient envoyé leur adhésion. Il faut que l'année prochaine, date mémorable du CentenaÎl'e de la grande Révolution française, une nouvelle et imposante manifestation se produise pendant l'Exoosition. Les dr~its de !"homme sont reconnus; il s'agit d'affirmer et de faire reconnaitre les droits de la femme, cette moitié de l'espèce humaine non encore affranchie. A quoi bon un Congrès"! o~jecteront lei<sceptiques. Est-ce que ces sortes de manifestations ne sont pas toujours impuissantes? Est-ce que l'opinion publique en tient compte'! Nous répondrons pa1· des faits. Plusieurs vœux ont été émis par le Congrès de 1878 : Il réclamait, pour les jeanes filles, un enseignement supérieur identique à celui que r·ecevaient les garçons. - C'est fait: nous avons des collèges et des lycées féminins. Il demandait que les femmes fussent admises à suivre les cours des Facultés cle l'Etat et pussent exercer les profesûons pour lesquelles dies justifieraient des connaissances suffisantes : - aujourd'hui les femmes passent leurs examens aux divers baccalauréats, peuvent rP,cevoÎI'le diplôme de docteur, et exercer publiquement la médecine. Il demandait l'abolition des lois restrictives du droit de réunion et d'association : - ces lois sont abolies. Il émettait le vœu qu'il se créât, autour des prisons de femmes, des œu vres laïques pour venir en aide aux prisionnières et les encourager au relèvemeut : - deux œuvres de ce genre existent. L'une est dirigée par Mme Isabelle Bogelot, l'autre par M. Bérenger, sénateu1· de la Drôme. li demandait le rétablissement du divorce : - le divorce est rétabli. Il demandait que l'ensemble de h. législation civile fût revisé dans le sens de l'égalité entre les deux sexes : - une loi ayant pour objet l'égalité civile de l'homme et de la femme est, en ce moment, pendante devant la Chambre des députés. Il demandait que la recherche de la paternitée fût autorisée_ : à deux reprises, le Sénat d'une part, la Chambre de l'autre, ont été saisies de propositions de lois poursuivant cet objet. Ces deux loi~ ont été écartées, mais la question a fait son chemin et la réforme est mûre aujourd'hui. En un mot, la plupart des vœux émis par le Congrès, ont reçu, - en France du moins - pleine et entière satisfaction. Les grandes Assemblées désignées sous le nom de Congrès, ne sont donc pas inutiles. Il s'agit, aujourd'hui, de poursuivre l'œuvre si bien commencée. Les résultats déjà obtenus nous sont un encouragement à persévérer. Le Cong:ès de 1889 sera la continuation du Congrès de 1878. Les questions non résolues y seront reprises et étudifles, ainsi que les revendications nouvelles qui pourraient se produire. 1G
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