ANTHOLOGIE SOCIALISTE 223 ANTHOLOGIESOCIALISTE LA MISÈREET SES CAUSES Ce n'est pas sans raison que la sage corneille clu Ramayana, la corneille Busharnla, « qui avait Yécu ùans toutes les parties cle l'univers et connaissait tous les éYéncmcnts depuis l0s commencements tles temps ,, décla1·cc1uc,bien 11ucle mépris des ayaut.ages ,le ce mornle soit n(\cessaire à la supl'èllle félicité,la pauv1·eté est cependant la peine la plus Yive qu'il soit possible d'infliger. La pau\Telé à laquelle, la ciYilisation avançant, sont condamnées de grancles masses d'hommes, n'est pas la suppression des rlistractions et clos tentations que les sages ont cherchée et qne les philoso1Jhes ont. vantée : c'est un esclavage dégi-aclant et abrutissant, tiui abaisse la nature la plus élevée, détl'uit les sentiments les plu~ ,lélicats, et conduit. l'homme par sa souffl·ance ù agit· comme ue le fernicnt pas ,les bêtes. C'est dans cette pauneLé qui détruit toutes les <1ualités spéciales de l'homme Pt ck la femnie, qui enlèYe ù l'eH(auc:cl'innocence et ia joie, que vivent les classes omTièecs cornluites par une force qui agit sur elles comme une machine impiioyable eLit-résistible. Le manufacturie1· de Boston qui paie les jeunes filles qu'il emploie deux cents l'heure, peut les plaindre; mais, comme elles, il est gouverné par la loi de compétition, il ne peut les paye1· tlayantage et faire ses affaires, car le commerce u·est pas mené par le sentiment. Et ainsi, ài travers toutes los gradations intermé,liaires, jusqu'à ceux. qui 1·eçoivent les gains du traYail sous foeme de reutes sans donner rien en rntoul', cc sont les lois incx.ornhlos de l'offre et clc la demande, - 1,missance avec laquelle il no faut pas plus se disputer qu'a.Yecles vents et les marées - qui semblent précipiter les basses classe::;dans l'esclavage dt1besoin. Mais en réalité, la cause qui a produit et doit toujours produire l'esclavage, c'est la monopolisation par quelques-uns de ce que la nature offre àtous. Notre liberté de parade impliquoea nécessairement l'esclange, aussi longt.emps que nous reconnaîtrons la p1·opriété p1·iyée de la terre. Jusqu'à ce que cette propriété soit aboliej les déclarations d'indépendance, et l~s actes rl'émancipation seront yains. Aussi
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==