UN LIVRE SOCIALISTE POLONAIS !Oî En apprt>nant. que le pC'uplt>(l<>Varsovit> impatient avait lnimême exécuté les t,·aîtrrs il s·éci·ia lépotwanté. « Je p1•éférerais pC'edre<leux bat.ailles». Il n'osa même pas dctrorn't' le ,·oi traitre. « Comment SE'fait-il, écrivait lt>Comité <le salut public de Paris à un démocrate de VarsoYie, que Kosciusko qui prétend se senir cle moyens sinci>rern<>ntrévolutionnaires pour sauYer la Pologne, tolère le traÎL1'E'Stanislas .\.ugust('? et l" reconnaisse comme mona1·- que, lui <lictateul'? qu'il s{)yissecont,·e les condamnés qui, devant être fu::;illés]le 28 juin, au lieu de so cachot·, répon,laient avec calme qu'en exécutant le: traîtres ils avaient agi <lans l'inté1·ét ,le la patrie? Comment se fait-il qu'il épargne les intérêts de la noblesse et qu'il craigne <le proclamer la :liberté des paysan::;? « Kosciuslrn, éclairé par la RéYolution française, répond un publiciste consenat('ur, saxait bien où mène le gonYernement clu peuple». Kollonlay le caractérise ainsi : « il voudrait jouer le rôle de Washington, tandis qu'il faudrait un Sylla à la Pologne. » Michelet le nomme« derniee chevalier et prcmiel' citoyen de l'Europe occidentalen. Qnant à nous, nous le ti-ouYonsti-op cheyalier et pas as ez citoyen. Pendant qu'il flattait le peuple opprimé en portant le costume <les paysans, en dormant et mangeant avec les soldats, il épargnail la noblesse oppressiYe. Son aveuglement coûta à la. Pologne son indépendance. Et pourtant la marche des éYénements aurait dû l'éclairer. Ne cleYait-il pas la Yictoire de Roclowice a quelques c011taines cle paysans armés de leurs faux, tandis que dans le même combat la cayalerie de la noble:se arnit pris la fuite? Il hésitait toujours, se plaignant de la mam·aise volonté de la noblesse qui ne permettait pas aux paysans d'aller combattre pour l'indépendance. Enfin, découragé, il lança le décret du 30 mai 1794 qui donnait aux. paysans le droit de quitter leurs seigneurs a la condition cependant de payei· le redernnces arriérées. Il reconuaissait que le paysan ne peut être privé par le seigneur dn sol qu'il labom·0, !>auf le cas où il ne remplit pas ses obligations envers lui. Le décret diminuait aussi la conée de 6 à 3 jours par semaine, ajoutant, ce qui n'avait pas le sens commun, que ce dernier article n'aurait de Yigueur que pendant la durée ,le l'insq,rrection jusqu'à une nom-elle loi du prochain pouYoie législatif. La coméquence de ce f'aux libéralisme fut l'indifférence du peuple désillusionné et la méfiance de la noblesse menacée dans ses privilèges. Kosciusko, battu à Marejowice avec sa petite armée et blessé, fut amené captif a Saint-Pétersbourg. Ainsi finit cette funeste dictature. L'auteur considère pourtant avec raison le décret du 30 mai comme l'acte le plus révolutionnaire de Finsurrection de 1794. Il a sauYé, dit-il,. l'honneur de l'insurrection aux yeux de la postérité, il
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