LE DROIT Dl!: GRÈVE l~T SES CONSÉQUE~CE3 111 LE DROITDE GRÈ.VE .,. ET SESCONSEQUENCES (Sui.te et fin). VI En tant que reYondication, la grèYc n'offre qu'une ressource illusoiec, par la raison que la solution, toujours incel'taine, repose plus sur le hasarrl que sur l'équité. On a beau me citer la puissante organü,ation des «Trades'union» en Angleterre et celle des « CheYaliers rlu TraYail » en Amérique,je sais que, grùce à elle, le patronat a souvent dû céder, dernnt la coalition des salariés. Ceux-ci, en maintes circonstances, ont été Yictorieux, notamment pour obtenir la diminution des heures de tra,ail. Eh bien ! après ? Voila un combat qui dure depuis un demi-siècle, quel changement sérieux a-t-il amené dans la situation matérielle du prolétaire? Les résultats obtenus n'ont-il.· pas été presqu'aussitôt annulés, par de nou,elles combinaisons du capitalisme? L'Angleterre et l'Amérique sont-elles défo,rées du salariat? Est-ce qu'il y a moins, que chez nous, d'affamés et de guenilleux? Le même Yicesubsiste toujours; les succès 1:1,cqunise sont que des atténuations momentanJes, qui profitent a certains groupes fayorisés. L'iniquité originelle persiste quand même. Cette iniquité réside uniquement dans le système de répartition qui est resté ce qu'il a toujours été: l'om-rier ne reçoit pas dans le fruit de son travail, la part à laquelle il a droit. Dans les gràrns victorieuses, les ayant.ages obtenus sont bientôt annihilés par la force même des choses. Lorsque les affaires suiYent un courant ordinaire, si la main-d'œune en a profité pour se faire mieux rétribuer, la hausse sur le produit Yient, au bout d'un temps plus ou moins COl;trtr,établir le niYeau des pro11ts pour l'entrepreneur, et le niveau de misère pour le trayailleur. Do grève en grèYe d'augmentation en augmentation, cet effet se produit : que le prix des subsistances et le taux dos salaires -restent constamment dans une même proportionnalité.
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