CORRESPONDANCE 1m Agréez, citoye11\nos salutations très empresséeset l'assurance de notre amitié pour vous et pour votre patrie. Pour le Comité : FÉLICE MARZONI, avocat, PAOLINA SCHIFF, professeur, CARLO JACCHINI,ANGIOLOCABRINI, EUGENIOCHIESA. Notre rédacteur en chef a répondu pai· la lettre suivante : Le Cannet (près Cannes), le 31 décembre 1.888. Au Comité des associations libérales Milanaises Honorés Citoyens, Iletenu par la maladie dans un village du Midi de la France, il me sera malheureusement impossible de me rèndre au Comizio de Milan. Veuillez croire à mon vif regret de ne pouvoir répondre, autrement que par une adhésion cordiale, à votre généreux appel. Vous êtes dans l.i,vérité et dans la justice en prêchant la paix entre tous les peuples et une fraternelle amitié entre les peuples d'Italie et de France. Le pays de la Renaissance et le pays de la Révolution qui ont jeté les fondements de la liberté moderne en Europe, non seulement ne peuvent pas étre ennemis mais ils doivent se considérer comme les deux principales têtes de colonne de l'humanité militante et marcher dec,oncert,conformément à leut·communemission historique, à la conquéte de la pai:x internationale, de l'émancipation intellectuelle, de la liberté politique et des justices socialistes qui en seront le cou- ' ronnement. Dans les circonstances actuelles de l'Europe, le peuple italien peut beaucoup pour épargner aux Nations les horreurs d'une guerre qui serait l'un des plus grands cr·imes et l'une des plus effroyables calamités de l'histoire. Qu'il se prononce fermement contre le Césarisme germanique, que, s'inspirant des glorieuses communes lombardes, qui vainquirent à Legnano pour la liberté humaine, il repousse la suzeraineté du nouveau Barberousse et la paix est assurée, la paix avec son cortège de bienfaits moraux politiques et sociaux: Vous l'avez pensé et avez ainsi mérité l'approbation de tous les hommes de cœur, de tous les amis de la Démocratie. Je le pense aussi, et c'est pourquoi j'ai été un des premiers à répondre à l'appel, pour une union latine, de votre magnanime compatriote Amilcare Cipriani. •Le premier but de Cipriani et de i::esamis est d'éviter à la France républicaine pacifique et réformatrice, qu'on le veuille ou non, par nécessité et par logique de situation, l'aggression à redouter de la Triple Alliance monarchique; mais il ne nous est pas interdit de laisser voler nos espérances au delà de l'étroit et sombre horizon de la politique contemporaine, de saluer dans l'avenir un pacte fr:1.terneldes peuples latins, préface de la future République européenne, rêve des meilleurs esprits et acheminement elle-même à la réalisation de cette supréme ·aspiration de l'Internationale des Travailleurs : Fédération planétaire reliant une Humanité régénérée, majeure, bienfaisante, heureuse et libre. Pour aller plus loin que vous peut-être, nous n'en marchons pas moins en attendant avec vous. Reievez donc mon adhésion. pleine et entière pour votre œuvre de paix et de progl'èe et l'expression de mes regrets de ne pouvoir me
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==